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lundi 20 novembre 2017

Au centre fédéral, difficile accès aux soins médicaux

Le témoignage de Viviane
16 novembre 2017
Je suis arrivée en Suisse début juin. J’ai expliqué au centre fédéral de Vallorbe les raisons pour lesquelles je ne peux pas retourner en Italie avec mes enfants. Là-bas, où nous avons vécu une année et quelques mois, nous avons été changés de logement 6 ou 7 fois. Une fois, nous vivions dans une maison dans la forêt, loin de tout. Quand mon fils a eu une crise le soir, les secours ne sont venus que le lendemain matin à 9h00. Nous n’avions pas de stabilité et la scolarité des enfants a été très difficile. Les plus grands n’avaient pas accès à une formation et ne savaient pas quoi faire. Je suis malade, mais ils m’ont dit qu’ils n’ont pas la possibilité de m’aider. J’ai des fibromes. Moi-même je ne sais pas ce que c’est. C’est dans le bas-ventre, ça me fait mal, j’ai des vertiges, des vomissements et des saignements. Certains jours, je dois rester alitée, je ne peux pas me lever. En Italie, ils m’ont juste donné du paracétamol, un médicament pour que je ne saigne pas trop et des calmants. La dernière fois que je suis allée, le docteur a demandé à la dame pourquoi elle ne m’emmenait pas directement aux urgences parce que c’était aigu. Elle a dit que comme c’était une décision positive, c’était à moi de me débrouiller et que je ne faisais plus partie du projet d’aide sociale. Après, ils nous ont dit de quitter la maison parce que nous n’avions plus droit à l’aide. Nous n’avions plus rien ni nulle part où dormir. C’est alors que nous sommes venus en Suisse pour demander l’asile. J’ai quitté mon pays en 1996 à cause de la guerre qui sévit toujours. Je suis en déplacement avec mes enfants depuis des années, en Tunisie, en Libye… Mes enfants ne sont pas nés dans leur pays. Mon mari nous a abandonnés.
Au centre fédéral, début juillet j’ai souffert de vertiges et de palpitations. J’ai été conduite chez le médecin qui m’a dit que je porte deux fibromes et que je dois être adressée à un médecin spécialiste. J’avais un rendez-vous le 17 pour discuter de la suite, mais ce rendez-vous a été annulé à cause de mon transfert au centre fédéral des Perreux et mon suivi médical a ainsi été interrompu. Je souffre de saignements et on m’a expliqué que je n’avais accès qu’aux soins en cas d’urgence. J’ai toujours des palpitations. Pendant mon séjour au centre fédéral, je ne connaissais pas le diagnostic exact de ma maladie ni les traitements médicaux à suivre. Finalement, j’avais un rendez-vous pour être opérée mi-octobre, mais cela a été annulé de nouveau à cause de mon transfert dans un autre centre.
C’est après mon arrivée dans le canton que le diagnostic a été posé. Je dois être opérée bientôt, en décembre. Dans l’intervalle, le SEM a rendu une décision de renvoi en Italie pour toute la famille. Il est seulement écrit dans la décision « qu’aucun rapport médical n’a été versé dans le délai imparti », parce que le rapport a été envoyé avec un peu de retard. Le SEM dit encore qu’il n’existe pas d’obligation de l’Italie de fournir une aide sociale aux familles ! Comme si ce n’était pas important que je me retrouve à la rue avec mes trois enfants mineurs. Le SEM dit aussi que rien n’indique que nous aurions accompli des démarches auprès des autorités italiennes pour obtenir un logement. Ils n’ont pas écouté ce que j’ai expliqué, que ce sont les autorités italiennes elles-mêmes qui nous ont subitement demandé de quitter le logement et de nous débrouiller par nous-mêmes. Je ne peux pas retourner en Italie. Il est impossible pour moi de vivre dans la rue, seule avec mes enfants.


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